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Défibrillateur en exploitation agricole : obligations et organisation

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, France Défibrillateur. Publié le 13 octobre 2026.

Une exploitation agricole n'est pas un établissement comme les autres. Les équipes travaillent à l'écart, sur de grandes surfaces, parfois seules, et les secours peuvent mettre du temps à arriver. Or chaque minute sans défibrillation réduit les chances de survie d'environ 10 %. Équiper une ferme ou une coopérative d'un DAE, c'est donc d'abord une question de délai. Cet article fait le point sur le cadre applicable, l'emplacement, la maintenance et l'organisation.

Un risque réel dans un cadre isolé

On compte environ 50 000 arrêts cardiaques par an en France. Le monde agricole n'y échappe pas : efforts physiques, travail en plein air, chaleur l'été, journées longues. Le point particulier tient à l'éloignement. Entre un champ, un bâtiment d'élevage et la route la plus proche, l'arrivée d'une ambulance peut se compter en dizaines de minutes.

Dans ces conditions, le défibrillateur placé sur le site et un témoin formé à proximité font toute la différence, en attendant les secours.

Ce que dit la réglementation

L'obligation d'équipement fixée par la loi 2018-527 et le décret 2018-1186 vise les établissements recevant du public (ERP) : catégories 1 à 3 depuis le 1er janvier 2020, catégorie 4 depuis 2021, certains ERP de catégorie 5 depuis 2022. Une exploitation qui ne reçoit pas de public n'est pas concernée en tant que telle.

La situation change si elle accueille des clients : magasin de vente à la ferme, ferme pédagogique, table d'hôtes, gîte, salle de réception. Ces espaces peuvent relever du régime des ERP, selon leur capacité et leur activité. Il convient de vérifier la catégorie auprès de la mairie ou de la commission de sécurité.

Même sans obligation, l'employeur reste tenu d'assurer la sécurité de ses salariés. Un DAE fait partie des mesures de prévention les plus utiles pour un site isolé.

Où placer le défibrillateur

Le bon emplacement est celui que tout le monde connaît et peut atteindre en moins de trois minutes. Sur une exploitation, on privilégie un lieu de passage : entrée de la cour, atelier, salle de traite, bureau, point de vente. Éviter le fond d'un hangar fermé à clé.

Si les bâtiments sont dispersés, un seul appareil ne couvre pas tout le site. Mieux vaut le placer au centre de l'activité et prévoir, pour les zones éloignées, un appareil transportable dans le véhicule de l'équipe.

Une armoire extérieure chauffée et ventilée protège l'appareil de la poussière, de l'humidité et des écarts de température, fréquents en milieu agricole. La signalétique suit l'arrêté du 29 novembre 2018.

Maintenance et conditions de stockage

La maintenance est à la charge de l'exploitant, au titre de l'article R. 5212-25 du Code de la santé publique. Les électrodes ont une durée de vie de 2 à 5 ans, les batteries de 3 à 5 ans, et l'appareil lui-même de 8 à 10 ans et plus.

Poussière, vibrations, froid et chaleur sont les ennemis des consommables. Un appareil rangé dans un local non tempéré vieillit plus vite. Il faut aussi vérifier régulièrement le voyant d'autotest, car personne ne passe devant l'appareil tous les jours.

La location à partir de 50 € HT par mois, maintenance incluse, évite de suivre soi-même les dates de péremption. Les appareils sont couverts par une garantie de 5 ans.

SituationPoint de vigilance
Vente à la ferme ou gîteVérifier la catégorie ERP et l'obligation éventuelle
Bâtiments dispersésPrévoir un appareil central et un appareil mobile
Local non chaufféUtiliser une armoire adaptée et contrôler le voyant
Travail isoléFormer les salariés et définir une procédure d'alerte

Former et organiser l'alerte

Un appareil sans personne formée perd une partie de son intérêt. Une sensibilisation aux gestes qui sauvent pour chaque salarié, saisonniers compris, permet de réagir vite : appeler le 15 ou le 112, démarrer le massage, apporter le DAE.

Sur un site étendu, il faut aussi préparer l'alerte. Indiquer aux secours un point de rendez-vous clair, par exemple l'entrée de la ferme, et désigner quelqu'un pour les guider évite de perdre de précieuses minutes.

Enfin, la déclaration dans GéoDAE est obligatoire. Elle permet aux services de secours de localiser l'appareil, même dans une zone rurale.

Questions fréquentes

Une exploitation agricole doit-elle avoir un défibrillateur ?

Pas en tant que telle si elle ne reçoit pas de public. L'obligation de la loi 2018-527 vise les ERP. En revanche, un magasin de vente à la ferme ou un gîte peut en relever. Dans tous les cas, équiper le site reste une mesure de prévention très utile pour les salariés.

Peut-on louer un défibrillateur pour une ferme ?

Oui. La location débute à 50 € HT par mois, maintenance incluse. Elle convient bien aux exploitants qui ne souhaitent pas suivre eux-mêmes les dates de péremption des électrodes et des batteries, ni gérer le remplacement de l'appareil.

Où installer l'appareil sur un site étendu ?

Au centre de l'activité, dans un lieu de passage accessible en moins de trois minutes, sans clé. Pour les zones éloignées, un second appareil transportable dans un véhicule complète le dispositif. L'armoire extérieure protège de la poussière et des écarts de température.

Faut-il déclarer le défibrillateur dans GéoDAE ?

Oui, la déclaration est obligatoire. Elle permet aux secours et aux numéros d'urgence de localiser l'appareil le plus proche. Sur un site rural, cette information est précieuse, car l'emplacement n'est pas toujours évident à décrire par téléphone.

Quels sont les délais pour s'équiper ?

La livraison prend de 2 à 5 jours ouvrés après commande, et un devis est remis sous 24 h. Les appareils bénéficient d'une garantie de 5 ans. Il reste ensuite à choisir l'emplacement, à signaler l'appareil et à former l'équipe.

Un projet d'équipement ?

Achat, location dès 50 € HT/mois, installation avec déclaration GéoDAE, maintenance et formation : notre équipe vous répond sous 24 h.

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