Défibrillateur en association : qui équipe, qui entretient
Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, France Défibrillateur. Publié le 15 octobre 2026.

Les associations accueillent chaque semaine des adhérents de tous âges dans des salles prêtées, louées ou gérées par elles. Quand survient un arrêt cardiaque, personne ne se demande qui est propriétaire du défibrillateur, mais la question se pose avant : qui l'achète, qui le vérifie, qui est responsable ? Voici comment répartir clairement les rôles entre l'association, le propriétaire des locaux et les bénévoles.
Une association est-elle obligée d'avoir un défibrillateur
L'obligation ne dépend pas du statut juridique de l'association, mais du lieu où elle exerce. La loi 2018-527 et le décret 2018-1186 imposent un DAE (défibrillateur automatisé externe) dans certains établissements recevant du public, les ERP : catégories 1 à 3 depuis le 1er janvier 2020, catégorie 4 depuis 2021 et certains ERP de catégorie 5 depuis 2022.
Une association qui organise ses activités dans une salle municipale, un gymnase ou une salle polyvalente se trouve donc le plus souvent dans un ERP déjà soumis à l'obligation. Celle-ci pèse sur l'exploitant de l'établissement, pas sur chaque utilisateur occasionnel. Si l'association exploite elle-même son local, elle est l'exploitant et l'obligation lui revient.
Qui achète et qui entretient selon la situation
Le point de départ est de savoir qui exploite le lieu. Une convention de mise à disposition ou un bail doit le préciser, et c'est rarement le cas pour le défibrillateur. Il vaut mieux le consigner par écrit avant l'installation plutôt qu'après un incident.
La maintenance reste à la charge de l'exploitant, selon l'article R. 5212-25 du Code de la santé publique. Le tableau ci-dessous résume les cas courants.
| Situation | Exploitant probable | Point à écrire dans la convention |
|---|---|---|
| Salle municipale prêtée à l'association | La commune | Accès au défibrillateur et consignes d'utilisation |
| Local loué par l'association | L'association | Qui finance l'achat et la maintenance |
| Local appartenant à l'association | L'association | Souscription d'un contrat de maintenance |
| Activité en extérieur ou itinérante | L'organisateur | Défibrillateur transportable et référent désigné |

Acheter ou louer lorsque le budget est serré
Les associations raisonnent souvent en budget annuel, avec peu de marge pour une dépense imprévue. La location peut alors convenir : elle démarre dès 50 € HT par mois, maintenance incluse, ce qui évite de suivre soi-même les échéances de remplacement.
L'achat reste pertinent pour une structure installée durablement. Il faut alors prévoir les consommables : les électrodes se remplacent tous les 2 à 5 ans, les batteries tous les 3 à 5 ans, et l'appareil lui-même dure 8 à 10 ans et plus. Un matériel acheté chez France Défibrillateur est garanti 5 ans, livré en 2 à 5 jours ouvrés, et un devis est remis sous 24 h.
Nous ne détaillons pas ici d'aide précise : les possibilités de financement varient selon les collectivités et il faut se renseigner localement avant de s'engager.
Placer l'appareil là où les adhérents passent vraiment
Un défibrillateur enfermé dans un placard dont seul le président détient la clé ne sert à rien. Il doit être visible, accessible à toute heure d'ouverture et signalé conformément à l'arrêté du 29 novembre 2018. Une armoire murale à l'entrée ou près de la salle d'activité est un bon compromis.
Si l'association partage un bâtiment avec d'autres usagers, mieux vaut un seul appareil bien placé et connu de tous que deux appareils oubliés. Le chemin depuis la salle la plus éloignée doit pouvoir être parcouru rapidement, car chaque minute sans défibrillation réduit les chances de survie d'environ 10 %.
L'appareil doit aussi être déclaré dans GéoDAE, déclaration obligatoire, afin que les secours puissent le localiser.
Former les bénévoles et désigner un référent
Chaque année, environ 50 000 arrêts cardiaques surviennent en France. Dans une association, la personne présente sur place est rarement un professionnel de santé. Un défibrillateur guide vocalement l'utilisateur, mais l'expérience montre qu'un bénévole déjà sensibilisé agit plus vite et avec plus d'assurance.
Il est utile de proposer une sensibilisation aux gestes qui sauvent lors de l'assemblée générale ou d'une journée de rentrée, en y associant les nouveaux encadrants. Le bureau peut aussi nommer un référent chargé de contrôler le voyant d'autotest, de noter les dates de péremption dans un registre et d'alerter le bureau en cas d'anomalie.
Ce rôle se transmet lors du renouvellement du bureau. Sans passation écrite, c'est le premier suivi qui disparaît quand le bénévole concerné quitte l'association.
Responsabilité des dirigeants et assurance
Un dirigeant bénévole peut voir sa responsabilité recherchée s'il a négligé une obligation de sécurité. Équiper le lieu, tenir un registre et former les encadrants constituent des preuves de diligence.
Il est prudent de prévenir l'assureur de l'association de la présence d'un défibrillateur et de vérifier ce que couvre le contrat en cas de dommage lié à son usage ou à son absence. Une personne qui utilise un DAE de bonne foi pour porter secours agit dans un cadre protégé, ce qui rassure aussi les bénévoles hésitants.
Questions fréquentes
Mon association utilise une salle municipale, dois-je acheter un défibrillateur ?
Pas nécessairement. Si la salle est un ERP déjà équipé, l'obligation incombe à la commune, exploitante des lieux. Il reste utile de vérifier par écrit où se trouve l'appareil, qui y a accès et qui l'entretient, et de prévoir un appareil propre à l'association pour les activités hors de la salle.
Qui est responsable de la maintenance dans une association ?
La maintenance incombe à l'exploitant, selon l'article R. 5212-25 du Code de la santé publique. Si l'association exploite le local, elle en est responsable : contrôle de l'autotest, remplacement des électrodes et de la batterie, tenue d'un registre. Un contrat de maintenance ou une location tout compris peut déléguer ces tâches.
Faut-il déclarer le défibrillateur d'une association dans GéoDAE ?
Oui, la déclaration dans GéoDAE est obligatoire. Elle permet aux secours de localiser l'appareil le plus proche lors d'un appel. Pensez à mettre à jour la fiche en cas de déménagement de l'association, de changement d'emplacement ou de remplacement du matériel.
Un bénévole non formé peut-il utiliser le défibrillateur ?
Oui, un DAE est conçu pour être utilisé par le grand public grâce à ses instructions vocales. Une sensibilisation préalable aide toutefois à réagir plus vite. Il faut d'abord alerter les secours, commencer le massage cardiaque, puis suivre les consignes de l'appareil sans attendre.
Un projet d'équipement ?
Achat, location dès 50 € HT/mois, installation avec déclaration GéoDAE, maintenance et formation : notre équipe vous répond sous 24 h.



