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Défibrillateur en restaurant et bar : obligations et bonnes pratiques

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, France Défibrillateur. Publié le 3 septembre 2026.

Un service du midi animé, une salle de bar pleine un vendredi soir : la restauration et les débits de boissons réunissent des publics variés, parfois pendant de longues heures. Un arrêt cardiaque peut y survenir sans prévenir, et l'alcool ou l'agitation du service compliquent parfois le repérage des premiers signes. La réglementation impose déjà un défibrillateur à de nombreux établissements recevant du public, restaurants et bars compris. Voici comment vérifier sa situation, équiper sa salle et sa terrasse, et former une équipe qui change souvent.

Un lieu convivial exposé au risque cardiaque

La salle d'un restaurant ou d'un bar mélange des profils très différents : familles, groupes d'amis, clients seuls, parfois des personnes âgées venues déjeuner en semaine. L'alcool consommé au bar peut retarder la reconnaissance des signes d'un arrêt cardiaque, un malaise étant facilement confondu avec une simple ivresse. En cuisine, la chaleur et le rythme soutenu du service exposent aussi le personnel à un effort physique intense, parfois sur plusieurs heures sans pause réelle.

En France, environ 50 000 arrêts cardiaques surviennent chaque année, le plus souvent hors de l'hôpital. Chaque minute sans défibrillation réduit les chances de survie d'environ 10 %, un délai que le bruit d'une salle pleine ou la musique d'un bar peuvent encore allonger avant que quelqu'un remarque la situation. Disposer d'un appareil accessible et d'une équipe formée à repérer les signes fait alors toute la différence dans les premières minutes.

Ce que dit la réglementation pour un restaurant ou un bar

Un restaurant ou un bar ouvert à la clientèle est un établissement recevant du public, au même titre qu'un commerce ou une salle municipale. La loi 2018-527 et son décret d'application 2018-1186 imposent un défibrillateur aux établissements recevant du public des catégories 1 à 3 depuis le 1er janvier 2020, à la catégorie 4 depuis 2021, et à certains établissements de catégorie 5 depuis 2022. La catégorie exacte dépend de la capacité d'accueil fixée par la commission de sécurité, un point que l'exploitant ne détermine pas seul.

Une fois l'appareil installé, sa déclaration dans la base Géo'DAE est obligatoire, afin que les services de secours puissent le repérer en cas d'urgence. La signalétique doit également respecter l'arrêté du 29 novembre 2018, visible depuis l'entrée comme depuis la salle. Pour une chaîne de restaurants ou un groupe de bars, l'obligation s'apprécie établissement par établissement : chaque adresse doit être équipée et déclarée séparément, une enseigne commune ne dispense aucun site individuellement.

Choisir l'emplacement, y compris en terrasse

Dans un restaurant, l'appareil trouve le plus souvent sa place près de l'accueil ou de la caisse, à un endroit visible depuis la salle et accessible sans devoir traverser la cuisine en plein coup de feu. Un bar peut préférer l'installer près de l'entrée principale, là où passent aussi bien les clients que le personnel qui referme l'établissement tard le soir. Dans tous les cas, la fiche technique du modèle choisi indique la plage de température de fonctionnement, un critère à vérifier si l'appareil reste proche d'une cuisine qui chauffe fortement.

De nombreux restaurants et bars exploitent une terrasse une partie de l'année, ce qui pose la question d'un second point d'accès ou d'une armoire extérieure chauffée protégeant l'appareil du gel et des fortes chaleurs. Ce choix dépend de la distance entre la terrasse et l'intérieur de l'établissement : au-delà de quelques dizaines de mètres ou d'un étage à descendre, un appareil dédié à la terrasse limite le temps perdu au moment où chaque minute compte.

Former une équipe qui tourne souvent

La restauration et les bars connaissent un fort renouvellement de personnel : extras du week-end, saisonniers l'été, apprentis en alternance. Former une seule fois l'équipe en place au moment de l'achat du défibrillateur ne suffit donc pas longtemps, puisqu'une partie du personnel formé aura quitté l'établissement quelques mois plus tard. Une sensibilisation courte aux gestes qui sauvent, répétée à chaque nouvelle saison ou à chaque vague d'embauche, garde ce risque sous contrôle.

Désigner un ou deux référents parmi le personnel permanent, gérant, chef de salle ou barman expérimenté, permet de relayer les bons réflexes auprès des nouveaux arrivants entre deux sessions officielles. Ces référents connaissent l'emplacement exact de l'appareil, savent où se trouve le registre de suivi et peuvent guider un collègue moins à l'aise le jour où un client fait un malaise en salle.

Budget et maintenance adaptés à une petite structure

Pour un restaurant indépendant ou un bar de quartier, la location d'un défibrillateur, disponible dès 50 euros hors taxes par mois maintenance incluse, évite une dépense initiale importante et lisse le coût sur la durée. La formule inclut généralement les visites de contrôle, ce qui simplifie le suivi pour un exploitant déjà occupé par le service quotidien. Un devis se prépare en général sous 24 heures, et la livraison intervient sous deux à cinq jours ouvrés une fois la commande passée.

Que l'appareil soit loué ou acheté avec une garantie de cinq ans, la maintenance reste à la charge de l'exploitant, conformément à l'article R. 5212-25 du code de la santé publique. Cela suppose de vérifier l'autotest régulièrement, de surveiller les voyants d'alerte et de remplacer les électrodes tous les deux à cinq ans, la batterie tous les trois à cinq ans, l'appareil complet ayant lui une durée de vie de huit à dix ans et plus selon le modèle.

Questions fréquentes

Un restaurant est-il toujours soumis à l'obligation de défibrillateur ?

Pas automatiquement. L'obligation dépend de la catégorie d'établissement recevant du public, fixée selon la capacité d'accueil par la commission de sécurité. Les catégories 1 à 3 sont équipées depuis 2020, la catégorie 4 depuis 2021, et certains établissements de catégorie 5, dont de petits restaurants ou bars, depuis 2022. Il convient de vérifier sa catégorie exacte avant de conclure à une absence d'obligation.

Faut-il un défibrillateur différent pour un bar ouvert tard le soir ?

L'appareil reste le même, mais son accessibilité doit tenir compte des horaires. Un bar qui ferme tard, parfois avec un effectif réduit, gagne à installer le défibrillateur près de l'entrée principale et à s'assurer que le personnel de fermeture sait s'en servir, y compris lorsqu'un seul salarié reste présent en fin de service.

Où placer le défibrillateur si le restaurant a une terrasse ?

Si la terrasse reste proche de la salle, un seul appareil bien signalé près de l'accueil suffit généralement. Au-delà de quelques dizaines de mètres ou d'un niveau à descendre, une armoire extérieure chauffée dédiée à la terrasse évite de perdre un temps précieux en cas de malaise, particulièrement pendant la saison où la terrasse concentre le plus de monde.

Qui doit former le personnel d'un restaurant au défibrillateur ?

L'exploitant organise la formation, sans obligation que tout le monde suive une formation SST complète. Une sensibilisation courte aux gestes qui sauvent, ouverte aux serveurs, au personnel de cuisine et à l'accueil, suffit pour la majorité de l'équipe. Elle doit simplement être répétée à chaque nouvelle saison, vu le renouvellement fréquent du personnel dans ce secteur.

Que coûte un défibrillateur pour un petit restaurant ou un bar ?

La location démarre à partir de 50 euros hors taxes par mois, maintenance comprise, ce qui convient à une structure indépendante souhaitant lisser sa dépense. L'achat reste possible, avec une garantie de cinq ans sur l'appareil. Dans les deux cas, un devis se prépare sous 24 heures et la livraison intervient sous deux à cinq jours ouvrés.

Un projet d'équipement ?

Achat, location dès 50 € HT/mois, installation avec déclaration GéoDAE, maintenance et formation : notre équipe vous répond sous 24 h.

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